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Accident nucléaire : que faire en cas d'alerte

Mis à jour le · 7 min de lecture ·Notre méthode

Le kit à prévoir

  • Boîte de comprimés d'iode (iodure de potassium 65 mg), si vous habitez en zone PPIselon la composition du foyer
  • Plaquette d'information PPI de votre commune, rangée avec la boîte1 par foyer
  • Radio à piles ou à manivelle1 par foyer
  • Eau en bouteille6 litres par personne
  • Sac bien fermé avec les affaires indispensables, en cas d'évacuation1 par foyer
Calculer les quantités pour mon foyer →

Les bons réflexes

  1. Mettez-vous à l'abri dans un bâtiment en dur, portes et fenêtres fermées.
  2. Coupez la ventilation et ne touchez pas aux objets restés dehors.
  3. Écoutez la radio et suivez les consignes du préfet.
  4. N'allez pas chercher vos enfants à l'école : ils sont pris en charge.
  5. Ne prenez l'iode que sur instruction du préfet.
  6. Évitez de téléphoner pour laisser les réseaux aux secours.

Ne prenez jamais de comprimé d'iode par précaution : il ne protège que la thyroïde, uniquement contre l'iode radioactif, et seulement s'il est pris au moment indiqué par le préfet.

L'essentiel

  • En cas d'alerte nucléaire : se mettre à l'abri dans un bâtiment en dur, fermer portes et fenêtres, couper la ventilation, écouter la radio, ne pas aller chercher ses enfants à l'école.
  • Les comprimés d'iode se prennent uniquement sur ordre du préfet, avant l'exposition ou au plus tard dans les 8 heures. Ils ne protègent que la thyroïde, et seulement contre l'iode radioactif.
  • Autour des centrales, les plans particuliers d'intervention (PPI) couvrent un rayon de 20 km, dans lequel les comprimés sont distribués gratuitement en pharmacie.
  • Une campagne de renouvellement est en cours depuis septembre 2024 dans un rayon de 10 km autour des centrales ; les comprimés distribués depuis 2024 sont valables 10 ans.
  • Hors des zones PPI, l'État dispose de stocks gérés par Santé publique France, distribués en urgence par les préfets et les communes si nécessaire.

Ce qui tombe, dans quel ordre

  1. Dès l'alerteSirène, FR-Alert, radioPrès de la centrale, la population est alertée sans délai par les sirènes du plan particulier d'intervention ; FR-Alert, la radio et la télévision relaient les consignes du préfet.
  2. Premières heuresMise à l'abriDans un bâtiment en dur, portes et fenêtres fermées, ventilation coupée, à l'écoute des médias.
  3. Sur ordre du préfetPrise d'iode stableUniquement si le rejet contient de l'iode radioactif : avant l'exposition ou, à défaut, dans les 8 heures qui suivent.
  4. Si la menace s'aggraveÉvacuation possibleLe préfet peut ordonner l'évacuation : préparer un bagage, mettre son domicile en sécurité, rejoindre le point de rassemblement.
  5. Après les rejetsRestrictions alimentairesLe préfet peut interdire la consommation des denrées susceptibles d'avoir été contaminées.

En cas d’accident nucléaire, la consigne officielle est de se mettre à l’abri dans un bâtiment en dur, portes et fenêtres fermées et ventilation coupée, puis d’écouter la radio et d’attendre les instructions du préfet. Les comprimés d’iode ne se prennent que sur son ordre. Si vous habitez à moins de 20 km d’une centrale, vous pouvez les retirer gratuitement en pharmacie dès maintenant.

Que faire en cas d’alerte nucléaire

Reconnaître l’alerte

Autour des centrales, le plan particulier d’intervention (PPI) prévoit une alerte sans délai des habitants les plus proches, dans un rayon de quelques centaines de mètres à 2 km. Le signal est celui de toutes les sirènes d’alerte : trois cycles de 1 minute 41 secondes, séparés par 5 secondes de silence. La fin de l’alerte est un son continu de 30 secondes. Selon l’ASNR, l’alerte passe aussi par FR-Alert sur les téléphones portables, et certaines plaquettes PPI, comme celle de Cattenom, prévoient un appel automatique sur le téléphone du domicile. Les consignes passent ensuite par la radio et la télévision.

Les bons réflexes

Les consignes de Géorisques, dès le signal d’alerte :

  1. mettez-vous à l’abri dans un bâtiment en dur, fermez portes et fenêtres, coupez la ventilation ;
  2. si vous êtes en voiture, sortez et gagnez un bâtiment au plus vite : un véhicule ne protège pas ;
  3. n’allez pas chercher vos enfants, ils sont pris en charge par les équipes pédagogiques ou les secours ;
  4. ne touchez pas aux objets restés dehors, notamment les véhicules ;
  5. s’il pleut, laissez dehors tout ce qui a pu être mouillé ;
  6. prenez de l’iode uniquement sur instruction du préfet, sauf contre-indication médicale.

Pendant toute l’alerte : restez à l’écoute des consignes, évitez de téléphoner et ne quittez votre domicile que sur ordre des autorités. Une radio qui fonctionne sans courant ni réseau est donc l’équipement central ; voir notre comparatif radio à manivelle.

Si l’évacuation est ordonnée

En cas de menace de rejets importants, le préfet peut ordonner l’évacuation. Selon l’ASNR, il faut alors préparer un bagage, mettre son domicile en sécurité et rejoindre le point de rassemblement le plus proche. La plaquette PPI de Cattenom détaille ces gestes : fermer volets, fenêtres et porte à clé, couper le gaz, l’électricité et l’eau, emmener ses animaux, partir par ses propres moyens si possible. Selon cette plaquette, les enfants scolarisés sont conduits par l’école vers un centre d’accueil, les autorités indiquant ensuite comment les y retrouver, et les personnes dépendantes doivent se faire connaître à l’avance en mairie. Un sac d’évacuation préparé à l’avance évite de chercher l’essentiel au dernier moment.

Après les rejets

Le préfet peut interdire, dès la phase d’urgence, la consommation des denrées susceptibles d’avoir été contaminées. Dans un second temps, la population peut être éloignée des zones les plus touchées.

À quoi servent les comprimés d’iode ?

Le comprimé d’iode stable (iodure de potassium) empêche la thyroïde de fixer l’iode radioactif que certains accidents peuvent rejeter ; il ne se prend que sur ordre du préfet. Respiré ou avalé, cet iode radioactif se fixe sur la thyroïde et augmente le risque de cancer de cette glande. Le comprimé sature la thyroïde, qui ne peut alors plus le fixer. Le ministère de l’Intérieur rappelle qu’il protège contre les dangers « des seuls iodes radioactifs » : il n’a aucun effet contre les autres éléments radioactifs.

Trois règles encadrent sa prise :

  • sur ordre du préfet uniquement, diffusé par la radio, la télévision, la préfecture ou des véhicules à haut-parleur ;
  • au bon moment : avant l’exposition ou, à défaut, dans les 8 heures qui suivent. La notice officielle précise que l’efficacité est très diminuée si la prise est tardive ;
  • en priorité pour les plus sensibles : nouveau-nés, enfants et jeunes de moins de 18 ans, femmes enceintes ou allaitantes. La France a toutefois fait le choix d’une distribution pour l’ensemble de la population.

Les doses par âge

Doses de la notice officielle et de la plaquette PPI de Cattenom, pour des comprimés de 65 mg. Les autorités confirment la dose et le nombre de prises au moment de l’accident.

Âge Dose
Adulte, enfant de plus de 12 ans, femme enceinte 2 comprimés
Enfant de 3 à 12 ans 1 comprimé
Nourrisson de 1 mois à 3 ans ½ comprimé
Nouveau-né de moins de 1 mois ¼ de comprimé

Le comprimé peut être avalé ou dissous dans une boisson (eau, lait, jus de fruit), à boire aussitôt. La notice recommande d’éviter les prises répétées chez la femme enceinte ou allaitante et chez l’enfant de moins de 12 ans, et prévoit un suivi médical après la prise pour les nouveau-nés, les nourrissons et les femmes enceintes ou allaitantes.

Conserver sa boîte

Les comprimés distribués à partir de 2024 sont valables 10 ans. Gardez-les dans leur emballage d’origine, au sec, à température ambiante et hors de portée des enfants, avec la plaquette PPI de votre commune.

Qu’est-ce qu’un PPI nucléaire ?

Le plan particulier d’intervention (PPI) est établi par le préfet autour de chaque installation nucléaire susceptible de rejets : il organise la protection de la population dans les premières heures d’un accident. La France compte 56 réacteurs électronucléaires répartis sur 18 sites, tous en métropole, ainsi que des centres de recherche et des usines du cycle du combustible.

Pour les centrales, le rayon du PPI a été porté de 10 à 20 km après l’accident de Fukushima. Le rapport 2025 de l’ASNR en décrit les trois cercles :

Zone Ce que prévoit le PPI
Quelques centaines de mètres à 2 km Alerte immédiate par sirènes et mise à l’abri « réflexe »
Jusqu’à 5 km Préparation d’une évacuation immédiate
Jusqu’à 20 km Distribution préventive d’iode, restrictions de consommation, information renforcée

Au-delà de 20 km, d’autres mesures peuvent être décidées selon l’accident et la météo, dans le cadre du dispositif ORSEC départemental. Géorisques rappelle qu’un accident peut exposer la population jusqu’à plusieurs dizaines de kilomètres.

L’ASNR (Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection), créée par la loi du 21 mai 2024, réunit depuis le 1er janvier 2025 les missions de l’ASN et de l’IRSN. En situation d’urgence, elle évalue l’accident et conseille le préfet sur les mesures de protection.

Comment savoir si vous habitez dans une zone PPI

  • Géorisques : saisissez votre adresse et consultez la rubrique sur le risque nucléaire. Selon sante.fr, un bandeau « Campagne iode » s’affiche si votre adresse est concernée.
  • Votre mairie : elle tient à disposition les brochures éditées par la préfecture et l’exploitant (signal d’alerte, conduite à tenir) et le PPI lui-même.
  • Votre préfecture : son site publie la plaquette du PPI, avec la carte des communes et des périmètres.

Pastille d’iode en pharmacie : les campagnes de distribution

Les distributions préventives ont lieu depuis 1997. Les plus récentes, selon l’ASNR :

  • 2016 et 2017 : distribution dans un rayon de 0 à 10 km autour des centrales ;
  • 2019 à 2021 : campagne dans la zone de 10 à 20 km, après l’extension des PPI ;
  • depuis septembre 2024 : renouvellement des comprimés de 2016 et 2017 dans la zone de 0 à 10 km ;
  • depuis début janvier 2025 : distribution dans un rayon de 5 km autour des ports militaires de Brest, de l’Île-Longue, de Cherbourg et de Toulon.

Ces deux dernières campagnes avaient permis de remettre plus de 540 000 boîtes par l’intermédiaire de 422 pharmacies. Dans son rapport publié en 2026, l’ASNR annonce une distribution continue à partir de la rentrée 2026, pour éviter les ruptures en pharmacie.

En pratique, la boîte est gratuite et adaptée à la taille du foyer. La page de la campagne sur sante.fr indique qu’aucun justificatif n’est demandé aux particuliers ; l’affiche de Géorisques et certaines plaquettes PPI mentionnent un justificatif de domicile : prévoyez-en un. Les employeurs et établissements recevant du public utilisent un bon de retrait disponible sur le site de la préfecture. Si votre boîte date d’une campagne précédente, vérifiez la date de péremption et demandez son remplacement.

Vous habitez loin d’une centrale

Hors des zones PPI, il n’y a pas de distribution préventive : le dispositif repose sur des stocks d’urgence. Des stocks de comprimés couvrant le reste du territoire sont constitués et gérés par Santé publique France. En cas d’accident, chaque préfet déclenche une distribution d’urgence prévue dans un plan ORSEC Iode : les comprimés sont livrés à des points de stockage, puis récupérés par les communes, qui les distribuent dans des lieux annoncés par les autorités.

Ce qu’il ne faut pas faire

  • Prendre de l’iode par précaution. Sans iode radioactif dans l’air, il ne sert à rien. La notice signale aussi qu’une forte dose peut provoquer une hyperthyroïdie chez les personnes ayant un goitre ancien.
  • En acheter en ligne. En mars 2022, le ministère de la Santé indiquait qu’une prise préventive hors instruction des autorités n’était pas nécessaire. L’ANSM rappelle qu’un médicament acheté hors du circuit légal peut être falsifié, sous-dosé ou surdosé, et que des produits vendus comme compléments alimentaires sur ces sites peuvent contenir d’autres substances.
  • Sortir chercher ses enfants, prendre la voiture ou téléphoner. Ces gestes exposent et saturent les réseaux dont les secours ont besoin.
  • Croire une consigne non officielle. Seules comptent les annonces du préfet, relayées par la radio, la télévision et FR-Alert. Le risque de fausses informations en période de tension est développé dans conflit armé.

Pour savoir quoi ajouter à votre kit selon votre adresse, y compris la proximité d’une installation nucléaire, utilisez notre configurateur de kit.

Questions fréquentes

Que faire en cas d'alerte nucléaire ?

Rejoignez un bâtiment en dur, fermez portes et fenêtres, coupez la ventilation et écoutez la radio. Ne sortez pas, n'allez pas chercher vos enfants à l'école, évitez de téléphoner et ne prenez de l'iode que si le préfet le demande.

Où trouver des comprimés d'iode en pharmacie ?

Si vous habitez dans un périmètre PPI, les comprimés sont remis gratuitement dans les pharmacies participantes, dont la carte figure sur sante.fr et sur Géorisques. Hors de ces zones, il n'y a pas de distribution préventive : en cas d'accident, le préfet organise une distribution d'urgence à partir des stocks de l'État.

Quand faut-il prendre un comprimé d'iode ?

Uniquement quand le préfet le demande, lors d'un accident qui rejette de l'iode radioactif. La prise intervient avant l'exposition ou, à défaut, dans les 8 heures qui suivent, à la dose indiquée par les autorités selon l'âge.

Les comprimés d'iode ont-ils une date de péremption ?

Oui. Les comprimés distribués à partir de 2024 sont valables 10 ans, à conserver dans leur emballage, au sec et à température ambiante. Pour une boîte plus ancienne, vérifiez la date imprimée et demandez son remplacement gratuit dans une pharmacie participante si vous êtes en zone PPI.

Faut-il acheter des pastilles d'iode sur internet ?

Non. Les autorités ne recommandent pas de s'en procurer par précaution, et l'ANSM rappelle qu'un produit acheté hors du circuit légal peut être falsifié ou mal dosé. Les riverains des installations les reçoivent gratuitement, et l'État dispose de stocks pour le reste de la population.

Sources

  1. Géorisques, Accident nucléaire : fiche risque et bons réflexes
  2. ASNR, Rapport sur l'état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2025, chapitre 4 : situations d'urgence (PDF)
  3. Santé.fr, Campagne de distribution de comprimés d'iode stable autour des installations nucléaires (20 janvier 2025)
  4. Sénat, question écrite n° 07497 sur le dispositif ORSEC Iode et réponse du ministère de l'Intérieur (JO Sénat du 18 juin 2026)
  5. Base de données publique des médicaments, Iodure de potassium Pharmacie centrale des armées 65 mg, résumé des caractéristiques du produit
  6. Préfecture de la Moselle, plaquette « Les bons réflexes en cas d'accident à la centrale nucléaire de Cattenom » (PDF)
  7. SGDSN, Tous responsables. Face aux risques, agissons (PDF)
  8. ANSM, Vente de médicaments sur internet hors du circuit légal : attention aux falsifications
  9. Vidal, Menace nucléaire en Ukraine : que répondre aux Français qui demandent de l'iode ? (8 mars 2022)

Les chiffres présentés comme des estimations sont des ordres de grandeur à adapter à votre situation. En cas de crise, les consignes des autorités priment.

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