Pandémie et confinement : comment se préparer
Le kit à prévoir
- Masquesrepère suisse : 50 par personne
- Savon et gel hydroalcoolique1 flacon de gel par foyer
- Thermomètre1 par foyer
- Médicaments du quotidienquelques jours de traitement, selon l'ordonnance
- Copie des ordonnances et liste des traitements1 par personne traitée
- Liste papier des contacts utiles1 par foyer
- Livres et jeuxde quoi occuper chaque enfant
Les bons réflexes
- Suivez les consignes officielles et vérifiez la source d'une information avant de la partager.
- Lavez-vous les mains plusieurs fois par jour, aérez les pièces, portez un masque quand il est recommandé.
- Faites vos courses comme d'habitude : les achats de panique créent les ruptures qu'ils redoutent.
- Anticipez le renouvellement de vos ordonnances avec votre médecin et votre pharmacien.
- Prenez régulièrement des nouvelles des proches et des voisins isolés.
- Parlez à votre médecin si l'anxiété, la déprime ou les troubles du sommeil s'installent.
L'essentiel
- Le plan gouvernemental de réponse à une pandémie, publié par le SGDSN en 2024, prévoit cinq stades, de l'alerte au retour à la normale, et des mesures qui peuvent aller jusqu'au confinement de tout ou partie de la population.
- En 2020, le confinement a été décidé le 16 mars et prolongé jusqu'au 11 mai : déplacements limités et soumis à attestation, télétravail, école à distance.
- Le 18 mars 2020, le ministre de l'Agriculture indiquait qu'il n'y avait aucun risque de rupture dans l'approvisionnement des magasins et appelait à faire ses courses sereinement, tous les 2 ou 3 jours.
- Pour les traitements chroniques, le pharmacien peut aujourd'hui délivrer jusqu'à trois mois de traitement, par tranches d'un mois, après expiration d'une ordonnance renouvelable.
- La préparation utile se fait en temps normal : un kit d'urgence, des copies d'ordonnances, des masques et du gel, et un plan pour rester en contact.
Ce qui tombe, dans quel ordre
- Premiers joursAlerte et premières mesuresLe plan gouvernemental prévoit d'abord la détection des premiers cas et des contrôles sanitaires aux frontières, pour limiter l'introduction du virus.
- Si l'épidémie progresseFreiner la propagationLimitation des déplacements, fermeture des établissements d'enseignement, maintien à domicile des malades : ces mesures peuvent aller jusqu'au confinement.
- Huit semaines en 2020Le confinementDécidé le 16 mars 2020, prolongé jusqu'au 11 mai : déplacements limités et justifiés par une attestation, télétravail, école à distance.
- Pendant la vagueApprovisionnement maintenuL'État cherche à maintenir la chaîne alimentaire et les produits d'hygiène. En 2020, les craintes de pénurie ont surtout provoqué des achats de précaution.
- Sortie de criseRetour progressifLa levée se fait par étapes : en 2020, une première phase de déconfinement a couru du 11 mai au 2 juin.
Pour se préparer à une pandémie, inutile de remplir un garage : l’essentiel se règle en temps normal. Ayez un petit stock de base que vous renouvelez, des copies de vos ordonnances, des masques et du gel hydroalcoolique, et un plan pour rester en contact et travailler ou faire l’école à distance. Pendant la crise, suivez les consignes officielles et faites vos courses normalement : en 2020, l’approvisionnement des magasins a été maintenu.
Ce que prévoit le plan pandémie de l’État
Le texte de référence est le plan gouvernemental de réponse à une pandémie due à une maladie infectieuse hautement contagieuse, publié par le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) en 2024. Il remplace trois plans plus anciens : pandémie grippale (2011), Ebola (2014) et réintroduction de la variole (2019). Le gouvernement a voulu le rendre accessible au public, pour que chacun connaisse les mesures qui peuvent être prises.
Il découpe une pandémie en cinq stades :
| Stade | Objectif |
|---|---|
| 1. Alerte initiale | Situation d’incertitude, début d’épidémie à l’étranger ou en France |
| 2. Prévention | Limiter l’introduction du virus : détection précoce, contrôle aux frontières |
| 3. Freinage | Freiner la propagation, montée en puissance du système de santé |
| 4. Atténuation | Limiter la contagion, réduire la charge sur les hôpitaux et les conséquences économiques |
| 5. Retour à la normale | Retour à la situation antérieure ou passage à une maladie endémique |
Parmi les mesures possibles, le plan cite la limitation des déplacements non indispensables, le maintien à domicile des malades et de leurs contacts, la limitation ou l’arrêt temporaire des transports collectifs et la fermeture des établissements d’enseignement. Ces mesures « peuvent aboutir au confinement de tout ou partie de la population ».
Le plan attend aussi quelque chose des citoyens : respecter les règles d’hygiène, aider les personnes isolées, contribuer à la poursuite de la vie sociale et économique. Il nomme enfin les réactions de peur à éviter, parmi lesquelles les « achats déraisonnés » de produits et d’équipements de protection.
Ce que le confinement de 2020 a changé au quotidien
Les déplacements
Selon le rapport de Jean Castex, coordinateur du déconfinement, le confinement a été décidé le 16 mars 2020 puis prolongé jusqu’au 11 mai par décret. Les déplacements étaient limités à des motifs précis et justifiés par une attestation, en application d’un décret du 23 mars 2020. La sortie s’est faite par étapes, avec une première phase du 11 mai au 2 juin 2020.
Les courses
Le 18 mars 2020, le ministre de l’Agriculture indiquait qu’il n’y avait « aucun risque de rupture » dans l’approvisionnement des magasins et des marchés. Il demandait à chacun d’être « responsable et serein » dans ses achats, en faisant ses courses tous les 2 ou 3 jours.
Les comportements ont pourtant suivi la peur. L’Insee relève que les craintes de pénurie ont conduit à un phénomène de stockage : le 16 mars, jour de l’annonce, les dépenses par carte bancaire ont plus que triplé par rapport au lundi équivalent de 2019. Sur l’année, la farine, le riz et les pâtes ont été très demandés. Nous détaillons les mécanismes de ces ruptures dans pénurie alimentaire et de médicaments.
Les médicaments
Dès le 18 mars 2020, l’ANSM a limité la délivrance de paracétamol sans ordonnance à une boîte par patient sans symptômes, deux en cas de douleur ou de fièvre, et suspendu la vente en ligne du paracétamol, de l’ibuprofène et de l’aspirine, pour garantir leur disponibilité. Ces règles ne sont plus en vigueur.
Pour éviter les ruptures de traitement, un arrêté du 14 mars 2020 a permis aux pharmaciens de délivrer, après expiration d’une ordonnance renouvelable, un traitement chronique par période d’un mois maximum, jusqu’au 31 mai 2020, en informant le médecin.
Le télétravail et l’école à la maison
Le télétravail a été massivement utilisé : le plan de déconfinement demandait qu’il reste la règle, pour ceux qui pouvaient travailler à distance, au moins jusqu’à fin juin 2020. Les crèches, écoles, collèges, lycées et universités ont été fermés dès le début. Le même rapport estime qu’entre 5 et 8 % des élèves ont perdu tout contact avec l’Éducation nationale malgré la continuité pédagogique, et note les effets de la fermeture des cantines sur l’alimentation des enfants.
La santé mentale
L’enquête CoviPrev de Santé publique France a suivi l’état psychologique des Français dès le 23 mars 2020. La santé mentale, dégradée au début du confinement, s’est ensuite améliorée sur tous les indicateurs, sauf le sommeil : plus de 60 % des personnes interrogées déclaraient des problèmes de sommeil, contre 49 % en 2017. Les personnes en situation financière très difficile ou ayant des antécédents de troubles psychologiques étaient les plus exposées sur tous les indicateurs ; pour l’anxiété, s’y ajoutaient les femmes et les 18-34 ans.
Faut-il faire des réserves alimentaires ?
Oui, mais une réserve raisonnable, constituée en temps normal : les achats de panique créent les ruptures qu’ils redoutent. Les autorités françaises ne publient pas de liste spécifique au confinement. La base reste le kit d’urgence 72 h de Géorisques : eau, nourriture non périssable, médicaments, lampe et radio, argent liquide, copies de papiers, jeux. La Suisse, citée ici à titre de comparaison, recommande des provisions pour environ une semaine et précise qu’elles servent à « parer à une pénurie de quelques jours », pas à une crise de longue durée. Pour comparer les durées recommandées, voyez 72 heures, 10 jours, 2 semaines : combien de temps tenir.
En pratique :
- Constituez la réserve en temps normal, petit à petit, avec ce que vous mangez déjà.
- Consommez et remplacez : rangez les produits récents derrière les plus anciens.
- N’achetez pas plus au moment de l’annonce : la demande soudaine vide les rayons même quand la chaîne d’approvisionnement fonctionne.
Bébé, personne âgée, animal, régime particulier : les besoins spécifiques sont listés dans le kit d’urgence famille. Pour une liste adaptée à votre foyer et à votre adresse, utilisez le configurateur de kit.
Traitements et ordonnances
Le plan pandémie cite, parmi les effets à limiter, les retards de soins liés aux déprogrammations. Préparez-vous ainsi :
- Gardez une copie papier de chaque ordonnance et une liste des traitements (nom, dosage, posologie) pour chaque personne du foyer.
- Notez les dates de renouvellement et prenez rendez-vous à l’avance.
- Connaissez la règle actuelle : depuis la loi du 19 mai 2023, le pharmacien peut, à titre exceptionnel, délivrer un traitement chronique après expiration d’une ordonnance renouvelable, par période d’un mois et dans la limite de trois mois, en informant le médecin. L’Assurance Maladie précise que l’ordonnance doit couvrir au moins trois mois et que les stupéfiants et certains psychotropes sont exclus.
- Ne stockez pas de médicaments au-delà de l’ordonnance. En 2020, l’ANSM alertait sur la nécessité de ne pas « stocker inutilement » le paracétamol.
Hygiène et masques
Le guide « Tous responsables » du SGDSN donne les gestes à adopter face au Covid-19 ou à la grippe : se laver les mains plusieurs fois par jour au savon ou au gel hydroalcoolique, utiliser des mouchoirs à usage unique, se couvrir le nez et la bouche pour éternuer, aérer régulièrement et porter un masque. Sa liste détaillée du kit d’urgence inclut des masques et du gel hydroalcoolique.
Le guide français ne chiffre pas le nombre de masques. L’Office fédéral suisse pour l’approvisionnement économique du pays en recommande 50 par personne : c’est un repère étranger, à adapter à la taille du foyer. Vérifiez la date de péremption indiquée sur la boîte et rangez-les au sec.
Garder le lien et s’organiser à distance
Le plan pandémie compte sur la solidarité de voisinage pour maintenir les conditions de vie à domicile. Il prévoit d’inciter la population à se montrer vigilante envers les voisins qui peuvent se retrouver isolés, et rappelle que les maires veillent à la situation des personnes vulnérables. Le guide « Tous responsables » recommande de convenir à l’avance d’un moyen de rester en contact avec ses proches et de repérer les personnes isolées de son immeuble.
Nos recommandations pratiques, en temps normal :
- Une liste de contacts sur papier : famille, voisins, médecin, pharmacie, employeur, école.
- Un point avec l’employeur sur les conditions du télétravail, si votre emploi le permet.
- Un coin de travail par personne, même modeste, si plusieurs adultes et enfants doivent travailler en même temps.
- Des activités pour les enfants qui ne passent pas par un écran : livres, jeux, papier.
- Un rythme quotidien (lever, repas, sortie autorisée) : CoviPrev a montré que le sommeil est l’indicateur qui s’est le moins rétabli.
Que veut dire se confiner en cas d’alerte ?
Lors d’une alerte, par exemple un accident industriel ou nucléaire, se confiner signifie se mettre à l’abri dans un bâtiment, calfeutrer et couper la ventilation, le temps de l’alerte et sur consigne des autorités : rien à voir avec les semaines d’un confinement sanitaire. Beaucoup de recherches « confinement que faire » concernent en réalité cette situation. Le guide du SGDSN demande aussi de ne pas aller chercher ses enfants à l’école : ils sont pris en charge sur place. Les consignes complètes sont résumées dans notre fiche sur le guide « Tous responsables ».
Le cadre juridique utilisé en 2020, l’état d’urgence sanitaire, est expliqué dans état d’urgence, couvre-feu : ce qui change pour vous.
Questions fréquentes
Faut-il faire des stocks avant un confinement ?
Non, pas dans l'urgence. En mars 2020, le ministère de l'Agriculture assurait que l'approvisionnement des magasins était garanti, et l'Insee a constaté que les craintes de pénurie avaient surtout provoqué un phénomène de stockage. Constituez plutôt une petite réserve en temps normal, que vous consommez et renouvelez.
Que prévoit le plan pandémie en France ?
Le plan gouvernemental de réponse à une pandémie, publié par le SGDSN en 2024, remplace les anciens plans grippe, Ebola et variole. Il décrit cinq stades (alerte, limitation de l'introduction du virus, freinage, atténuation, retour à la normale) et les mesures possibles à chaque étape, dont le confinement.
Que faire pendant un confinement ?
Respectez les règles de déplacement fixées par les autorités, gardez des horaires réguliers, maintenez le contact avec vos proches par message ou téléphone et prenez des nouvelles des personnes isolées. Si l'anxiété ou les troubles du sommeil s'installent, parlez-en à votre médecin.
Le pharmacien peut-il renouveler une ordonnance expirée ?
Pour un traitement chronique, oui, à titre exceptionnel : le Code de la santé publique lui permet de délivrer le traitement par période d'un mois, dans la limite de trois mois, en informant le médecin. Les stupéfiants et certains psychotropes sont exclus.
Confinement sanitaire et confinement en cas d'alerte, est-ce la même chose ?
Non. Le confinement sanitaire limite les déplacements pendant des semaines. Lors d'une alerte (accident industriel ou nucléaire, par exemple), « se confiner » signifie se mettre à l'abri tout de suite dans un bâtiment, calfeutrer et couper la ventilation, jusqu'à la fin de l'alerte.
Sources
- SGDSN, Plan gouvernemental de réponse à une pandémie due à une maladie infectieuse hautement contagieuse (2024, PDF)
- SGDSN, Tous responsables. Face aux risques, agissons (novembre 2025, PDF)
- Ministère de l'Agriculture, Communiqué de Didier Guillaume sur l'approvisionnement (18 mars 2020, PDF)
- Insee Première n° 1808, Les ventes dans le commerce plongent au printemps 2020
- Jean Castex, Plan de préparation de la sortie du confinement (avril et mai 2020, PDF, vie-publique.fr)
- ANSM, Covid-19 : mesures pour favoriser le bon usage du paracétamol (17 mars 2020, mis à jour juillet 2022)
- Légifrance, Arrêté du 14 mars 2020, article 6 (délivrance des traitements chroniques)
- Légifrance, Code de la santé publique, article L5125-23-1
- Assurance Maladie, Délivrance exceptionnelle sur la base d'une ordonnance expirée (février 2026)
- Santé publique France, CoviPrev : résultats détaillés des vagues 1 à 15 (novembre 2020)
- Office fédéral suisse pour l'approvisionnement économique du pays (OFAE), Des provisions... providentielles
- Géorisques, Mon kit d'urgence 72 h
Les chiffres présentés comme des estimations sont des ordres de grandeur à adapter à votre situation. En cas de crise, les consignes des autorités priment.