CygnauxMon kit

Pénurie de carburant : comment s'organiser

Mis à jour le · 6 min de lecture ·Notre méthode

Le kit à prévoir

  • Réservoir au moins à moitié pleinen permanence
  • Titre de transport ou vélo en état de marcheselon le foyer
  • Plan papier des trajets essentiels (école, travail, pharmacie)1 par foyer
  • Quelques jours de traitement d'avance pour éviter les déplacementsselon ordonnance
Calculer les quantités pour mon foyer →

Les bons réflexes

  1. Ne laissez pas le réservoir descendre trop bas en temps normal.
  2. Consultez prix-carburants.gouv.fr avant de partir chercher du carburant.
  3. Respectez les limites de volume et les interdictions de jerricans de votre préfecture.
  4. Reportez les trajets non essentiels, pensez au covoiturage et au télétravail.
  5. Ne stockez pas d'essence dans le logement, la cave ou un garage attenant.

L'essence est un liquide extrêmement inflammable : ses vapeurs, plus lourdes que l'air, s'accumulent dans les lieux mal aérés et peuvent exploser (INRS). Pas de réserve de carburant dans le logement.

L'essentiel

  • En France, les pénuries viennent surtout de la logistique : en octobre 2022, des grèves ont arrêté les principales raffineries et dépôts de TotalEnergies et ExxonMobil, et les achats de précaution ont aggravé la situation.
  • Le 14 octobre 2022, 28,5 % des stations manquaient d'au moins un produit, selon le ministère de la Transition énergétique.
  • Les opérateurs doivent détenir des stocks stratégiques égaux à 29,5 % des volumes mis à la consommation l'année précédente ; l'État peut les débloquer en cas de dysfonctionnement exceptionnel de l'approvisionnement.
  • Pendant une crise, les préfets peuvent limiter les volumes vendus et interdire les jerricans, comme en octobre 2022 (30 litres par véhicule léger dans les Alpes-de-Haute-Provence).
  • Le site public prix-carburants.gouv.fr publie l'état des stations en difficulté : 13 % au relevé du 25 octobre 2026 à 9 h.

Ce qui tombe, dans quel ordre

  1. Au départRaffineries ou dépôts à l'arrêtEn octobre 2022, des grèves ont stoppé les principales raffineries et dépôts de deux groupes pétroliers ; les livraisons aux stations ont ralenti.
  2. Dans la fouléeRuée sur les pompesLes pleins de précaution font grimper la consommation au-delà de la normale et vident les stations plus vite que prévu.
  3. Quand la crise s'installeRestrictions préfectoralesVolumes limités par véhicule, jerricans interdits, stations réservées aux services de secours et de santé, selon les départements.
  4. En parallèleDéblocage des stocks stratégiquesL'État mobilise les stocks stratégiques et organise des approvisionnements alternatifs jusqu'au retour à la normale.

Une pénurie de carburant en France vient rarement d’un manque de pétrole : elle naît le plus souvent d’un blocage logistique (raffineries ou dépôts à l’arrêt), aggravé par les pleins de précaution. Les stations se vident en quelques jours, les préfets limitent les volumes, puis l’État débloque ses stocks stratégiques. Pour un foyer, la meilleure préparation tient à deux habitudes : ne jamais rouler sur la réserve et savoir se passer de la voiture quelques jours.

Pourquoi y a-t-il une pénurie de carburant ?

Une pénurie de carburant vient le plus souvent d’un blocage dans la chaîne d’approvisionnement, pas d’un manque de pétrole : un seul maillon bloqué suffit à assécher les pompes, même si les réserves nationales sont pleines. Cette chaîne est longue : importation de pétrole brut ou de produits raffinés, raffinage, stockage dans des dépôts, puis transport par camion jusqu’aux stations.

Les causes les plus fréquentes :

  • un mouvement social dans les raffineries ou les dépôts, comme en octobre 2022 ;
  • une crise d’approvisionnement internationale, qui peut peser à la fois sur les prix et sur la distribution ;
  • un afflux soudain de clients, par peur de la pénurie : en 2022, le ministère a cité les achats de précaution parmi les causes des tensions.

Le guide « Tous responsables » publié par le SGDSN cite d’ailleurs les « restrictions ou pénurie de carburant » parmi les difficultés d’approvisionnement possibles lors d’une crise majeure.

Octobre 2022 : la crise de référence

Ce qui s’est passé

Selon la réponse du ministère de la Transition énergétique à deux questions écrites de députés, les tensions ont touché toute la France métropolitaine en octobre 2022. Elles ont été causées par un mouvement de grève de grande ampleur chez TotalEnergies et ExxonMobil, qui a arrêté les principales raffineries et dépôts pendant plus d’un mois. La demande était en même temps élevée : forte consommation agricole de saison, achats de précaution de certains consommateurs et afflux dans les zones frontalières.

La préfecture de Bourgogne-Franche-Comté insistait alors sur un point : il ne s’agissait pas d’un manque de carburant, mais d’un problème « essentiellement logistique et de distribution ». Les Hauts-de-France et l’Île-de-France étaient les plus touchés, avec des ruptures qui approchaient parfois 60 % des stations, comme dans l’Oise.

L’ampleur au niveau national

D’après les chiffres du ministère de la Transition énergétique relayés par l’AFP, 28,5 % des stations-service étaient en rupture d’au moins un produit le vendredi 14 octobre au soir, et 27,3 % étaient en difficulté le lendemain matin. Les écarts entre régions étaient forts : 39,9 % en Île-de-France, 36,4 % en Centre-Val de Loire, 22 % dans les Hauts-de-France ce samedi-là. En Côte-d’Or, la préfecture comptait encore, le 19 octobre, 25 % de stations en rupture totale et 30 % en rupture partielle.

Les mesures prises

  • Stocks stratégiques mobilisés pour assurer la disponibilité des produits, avec l’appui ponctuel du Service de l’énergie opérationnelle du ministère des Armées pour acheminer des cargaisons aux professionnels.
  • Logistique assouplie : dépôts ouverts sur des horaires étendus, dérogations permettant aux camions-citernes de livrer le week-end.
  • Restrictions préfectorales ciblées. Dans les Alpes-de-Haute-Provence, un arrêté a limité la vente du 11 au 14 octobre à 30 litres pour les véhicules de particuliers (avec une livraison minimale de 5 litres) et à 120 litres pour les véhicules de plus de 3,5 tonnes, et interdit les jerricans et bidons. Les véhicules de service public n’étaient pas concernés.
  • Stations réservées aux services essentiels : en Côte-d’Or, neuf stations étaient dédiées à la sécurité, aux secours et à la santé, et l’interdiction des récipients transportables a été prolongée jusqu’au 26 octobre.

Les stocks stratégiques : ce qu’ils garantissent

Selon le ministère de la Transition écologique, les opérateurs qui mettent du carburant sur le marché doivent entretenir des stocks stratégiques égaux à 29,5 % des volumes mis à la consommation l’année précédente. Ils en délèguent une partie au Comité professionnel des stocks stratégiques pétroliers (CPSSP), qui s’appuie surtout sur la SAGESS, société chargée de les détenir. La SAGESS doit disposer, dans chaque zone de défense et de sécurité, d’au moins 10 jours de consommation en essence et 15 jours en gazole.

Ces stocks peuvent être débloqués à la demande de l’Agence internationale de l’énergie, ou par les seuls pouvoirs publics français en cas de dysfonctionnement exceptionnel des circuits d’approvisionnement. En octobre 2022, la préfecture de Bourgogne-Franche-Comté indiquait que la France disposait de 90 jours de stocks stratégiques.

Plus récemment, le 7 octobre 2026, le gouvernement a annoncé la mise sur le marché de 10 millions de barils de diesel issus des stocks stratégiques, gérés par la SAGESS, dans le cadre d’un accord du G7. L’objectif affiché était cette fois de faire baisser les prix à la pompe.

À retenir : les stocks stratégiques garantissent qu’il existe du carburant dans le pays. Ils ne garantissent pas qu’il arrive dans votre station le jour où vous en avez besoin, si les dépôts ou les camions sont bloqués.

Comment savoir si une station a du carburant ?

Le site gouvernemental prix-carburants.gouv.fr publie l’état des stations en difficulté. Une station y est dite en rupture dès qu’un type de carburant (essence ou gazole) manque. Les données viennent des déclarations quotidiennes des exploitants. Au relevé du 25 octobre 2026 à 9 h, 13 % des stations étaient en difficulté au niveau national. En 2022, plusieurs préfectures renvoyaient déjà vers cette carte, qui permet aussi de chercher une station par carburant, enseigne ou commune.

Ces données dépendent de la mise à jour par chaque station : appelez si possible avant un long détour.

Stocker du carburant chez soi : ce qu’on sait

Nous n’avons pas trouvé de texte officiel national fixant la quantité d’essence qu’un particulier peut conserver chez lui ; nous ne donnons donc pas de chiffre. Plusieurs points sont en revanche établis :

  • Le danger est réel. Selon l’INRS, l’essence est classée liquide extrêmement inflammable. Mélangée à l’air dans des proportions de 1 à 6 %, elle forme une atmosphère explosive, et ses vapeurs, plus lourdes que l’air, s’accumulent dans les zones mal aérées : cave, sous-sol, garage fermé.
  • Les préfets peuvent interdire les jerricans pendant une crise, comme en octobre 2022 dans de nombreux départements.
  • Votre règlement de copropriété, votre bail et votre assurance habitation peuvent contenir des règles propres : vérifiez-les.
  • Stocker aggrave la pénurie. Chaque jerrican rempli par précaution manque à la station suivante, et le ministère a compté ces achats parmi les causes de la crise de 2022.

Si vous avez un groupe électrogène, la question se pose différemment : un bidon conçu pour le carburant, fermé, hors des pièces de vie et loin de toute source de chaleur. Voir notre page groupe électrogène pour la maison.

Comment s’y préparer, concrètement

Les conseils ci-dessous sont nos recommandations pratiques, pas des consignes officielles.

En temps normal

  • Ne laissez pas le réservoir passer sous la moitié. Cette marge vous permet d’attendre que la situation se calme plutôt que de faire la queue au premier signe de tension.
  • Listez les trajets indispensables du foyer (travail, école, soins réguliers) et une solution de rechange pour chacun : transports en commun, vélo, covoiturage avec un voisin ou un collègue.
  • Gardez un kit dans la voiture : eau, couverture, lampe, chargeur. Voir notre kit de survie voiture.

Quand les tensions commencent

  • Vérifiez la carte des disponibilités avant de vous déplacer, et n’allez pas d’une station à l’autre en brûlant le peu qui reste.
  • Faites un plein normal, sans jerrican, et respectez les plafonds fixés par arrêté préfectoral.
  • Demandez le télétravail si votre poste le permet, et regroupez vos courses.
  • Anticipez les renouvellements d’ordonnance pour éviter un déplacement au mauvais moment.
  • Gardez un peu d’espèces : en cas d’affluence ou de panne de terminal, elles dépannent. Voir notre page panne de carte bancaire.

Pour adapter le reste de votre kit d’urgence à votre situation, utilisez notre configurateur de kit.

Quand la pénurie vient de grèves ou de blocages de raffineries, d’autres services peuvent être perturbés en même temps : voir grève générale et blocages.

Questions fréquentes

Y a-t-il une pénurie d'essence en ce moment ?

Le site gouvernemental prix-carburants.gouv.fr publie chaque jour la part des stations en difficulté, à partir des déclarations des exploitants. Au relevé du 25 octobre 2026 à 9 h, 13 % des stations manquaient d'au moins un type de carburant.

Combien de jours de stocks stratégiques de pétrole a la France ?

La règle fixe un volume, pas un nombre de jours : 29,5 % des volumes mis à la consommation l'année précédente. En octobre 2022, la préfecture de Bourgogne-Franche-Comté indiquait que la France disposait de 90 jours de stocks stratégiques.

Peut-on stocker de l'essence chez soi ?

Nous n'avons pas trouvé de texte officiel national fixant une quantité maximale pour un particulier. L'essence est un liquide extrêmement inflammable dont les vapeurs, plus lourdes que l'air, s'accumulent dans les lieux mal aérés (INRS) : un stock important à domicile est dangereux.

A-t-on le droit de remplir un jerrican pendant une pénurie ?

Cela dépend de votre département. En octobre 2022, de nombreux préfets ont interdit la vente et l'achat de carburant dans des récipients transportables, comme les jerricans et les bidons, pour plusieurs jours.

Sources

  1. Assemblée nationale, Question écrite n° 2258 et réponse du ministère de la Transition énergétique (JO du 14 février 2023)
  2. Assemblée nationale, Question écrite n° 2255 et réponse du ministère de la Transition énergétique (JO du 25 avril 2023)
  3. Préfecture de la région Bourgogne-Franche-Comté, Carburant : point de situation n° 1 (10 octobre 2022, PDF)
  4. Préfecture de la région Bourgogne-Franche-Comté, Approvisionnement des dépôts dijonnais (19 octobre 2022, PDF)
  5. Préfecture des Alpes-de-Haute-Provence, Limitation de la vente de carburant (10 octobre 2022, PDF)
  6. Connaissance des énergies (dépêche AFP), Approvisionnement en carburants : 27,3 % des stations en difficulté samedi matin (octobre 2022)
  7. Ministère de la Transition écologique, Sécurité d'approvisionnement en pétrole
  8. Ministère de l'Économie, communiqué n° 1098 du 7 octobre 2026 : 10 millions de barils de diesel mis sur le marché
  9. Prix des carburants (site gouvernemental), Disponibilités carburants
  10. INRS, Aide-mémoire technique ED 989, Combustibles et carburants pétroliers (PDF)
  11. SGDSN, Tous responsables. Face aux risques, agissons (PDF)

Les chiffres présentés comme des estimations sont des ordres de grandeur à adapter à votre situation. En cas de crise, les consignes des autorités priment.

Outil gratuitMon kit personnaliséCochez les situations à couvrir, indiquez votre adresse et votre foyer : la liste et les quantités, à recevoir en PDF.Créer mon kit →