Guerre en France : que faire et quoi prévoir
Le kit à prévoir
- Radio à piles ou à manivelle, avec piles de rechange1 par foyer
- Argent liquide en petites coupuresquelques jours de dépenses courantes
- Photocopies des papiers importants, en pochette étanche1 jeu par foyer
- Liste papier des numéros utiles et des proches1 par foyer
- Batterie externe chargée1 par téléphone
Les bons réflexes
- Rejoignez un bâtiment et éloignez-vous des fenêtres.
- Écoutez la radio ou la télévision et suivez les consignes officielles.
- N'allez pas chercher vos enfants à l'école : ils sont pris en charge.
- Évitez de téléphoner pour laisser les réseaux aux secours.
- Ne relayez aucune information que vous n'avez pas vérifiée.
N'allumez pas de flamme et ne quittez pas votre abri sans consigne des autorités.
L'essentiel
- Aucun texte officiel n'annonce de guerre sur le sol français. La Revue nationale stratégique de juillet 2025 retient l'hypothèse d'une guerre majeure en Europe, hors du territoire national, accompagnée d'actions hybrides massives visant la France.
- Il n'existe pas de liste officielle « guerre » : la recommandation reste le kit d'urgence 72 heures, conçu pour toute crise majeure, et la Commission européenne vise la même durée minimale.
- L'alerte passe par les sirènes (trois cycles de 1 minute 41 secondes), par FR-Alert sur les téléphones, sans inscription ni application, et par la radio et la télévision.
- En cas d'alerte : rejoindre un bâtiment, s'éloigner des fenêtres, ne pas aller chercher ses enfants à l'école, limiter les appels, ne suivre que les canaux officiels.
- La France n'a pas fondé sa protection civile sur un réseau d'abris antiatomiques : le gouvernement met en avant la dissuasion nucléaire et, en cas d'accident, la mise à l'abri dans les bâtiments.
Ce qui tombe, dans quel ordre
- Dès les premières tensionsLes fausses informations circulentLe guide « Tous responsables » prévoit que la France serait la cible de manipulations de l'information. Vérifiez la source avant de croire ou de partager.
- Si un danger est imminentSirènes, FR-Alert, radio et télévisionLes autorités alertent par les sirènes, par une notification FR-Alert sur les téléphones présents dans la zone, et par la radio et la télévision.
- Pendant l'alerteMise à l'abri dans un bâtimentQuittez votre véhicule, rejoignez un bâtiment, éloignez-vous des fenêtres et restez à l'écoute des consignes officielles.
- Premiers joursServices du quotidien perturbésLe guide cite parmi les effets possibles d'une crise majeure les pannes d'électricité, de réseaux et de moyens de paiement, et des difficultés d'approvisionnement.
- Fin de l'alerteSignal continu de 30 secondesNe quittez votre abri qu'à ce signal ou sur consigne des autorités.
Aucune source officielle n’annonce de guerre sur le sol français. Les textes de l’État envisagent un autre scénario : un engagement de l’armée française hors du territoire, accompagné d’actions hybrides (désinformation, cyberattaques, déstabilisation) visant la France. Pour un foyer, les autorités ne demandent rien de plus que pour toute crise majeure : un kit d’urgence pour 72 heures, la connaissance des signaux d’alerte et des consignes de mise à l’abri, et de la méfiance envers les rumeurs.
Ce que disent les autorités françaises
La Revue nationale stratégique 2025
Publiée le 14 juillet 2025 par le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), l’actualisation de la Revue nationale stratégique est le document qui fixe le cadre de la défense du pays. Elle décrit un risque « particulièrement élevé » d’une guerre majeure de haute intensité « en dehors du territoire national », en Europe, à l’horizon 2030, qui impliquerait la France et ses alliés et s’accompagnerait d’actions hybrides massives sur le territoire français.
Il s’agit d’une hypothèse de planification, pas d’une prévision datée. Pour la population, la Revue en tire une conséquence : renforcer la résilience du pays, sa capacité à résister à une agression ou à une catastrophe majeure, et permettre à chaque citoyen de se protéger lui-même et de protéger ses proches.
Le guide « Tous responsables »
Publié le 20 novembre 2025 par le SGDSN, ce guide est présenté comme la traduction concrète de la Revue nationale stratégique et du discours du Président de la République du 13 juillet 2025. Sur la question du conflit, il écrit que la perspective d’un engagement des forces armées « n’est plus à exclure », par exemple pour porter assistance à un pays ami attaqué. Il ajoute qu’en avoir conscience « n’est pas céder à l’alarmisme » et rappelle que la France dispose de la dissuasion nucléaire.
Le risque principal qu’il décrit pour la population est celui des opérations hybrides : des actions non militaires visant à déstabiliser la société et à perturber la vie du pays, en particulier par la manipulation de l’information. Ses demandes aux citoyens sont simples : ne pas propager de fausses informations, et pouvoir s’engager (réserves, volontariat, bénévolat) pour aider le pays à continuer de fonctionner. Son contenu complet est résumé dans guide « Tous responsables ».
La Commission européenne
Le 26 mars 2025, la Commission européenne a présenté une stratégie pour une union de la préparation. Elle couvre les conflits, les menaces hybrides et cyber comme les catastrophes naturelles. Pour la population, elle prévoit d’inciter chacun à stocker des fournitures essentielles pour une durée minimale de 72 heures, d’inclure la préparation dans les programmes scolaires et de créer une journée européenne de la préparation. L’approche est dite « tous risques » : les 72 heures ne sont pas propres à la guerre.
Comment reconnaître le signal national d’alerte ?
Le signal national d’alerte se reconnaît à trois cycles de sirène de 1 minute 41 secondes. L’alerte passe aussi par FR-Alert sur les téléphones portables, et les consignes par la radio et la télévision.
Le signal des sirènes
Selon le guide du SGDSN, le signal national d’alerte se compose de trois cycles de 1 minute 41 secondes, séparés par un silence de 5 secondes. La fin de l’alerte est annoncée par un signal continu de 30 secondes. Un signal distinct, de type « corne de brume », est propre à certains ouvrages hydrauliques comme les barrages.
Le guide évoque plus de 5 000 sirènes en France. Le ministère de l’Intérieur indiquait en mars 2024 que 2 236 d’entre elles étaient raccordées au système d’alerte et d’information des populations (SAIP), déclenché à distance par les préfectures.
L’essai du premier mercredi du mois
Chaque premier mercredi du mois à midi, les sirènes du SAIP diffusent un seul cycle de 1 minute 41 secondes. Cet essai est prévu par l’arrêté du 23 mars 2007 relatif au signal national d’alerte, et aucune réaction n’est attendue de la population. Quand ce mercredi est férié, la préfecture reporte l’essai et l’annonce. En dehors de cet essai, un signal en trois cycles correspond à une alerte réelle.
FR-Alert sur le téléphone
Déployé depuis juin 2022, FR-Alert envoie une notification à tous les téléphones portables présents dans une zone de danger, avec un signal sonore, même en mode silencieux. Il n’y a ni inscription ni application à installer. Le message précise la nature du danger, la zone, l’autorité qui alerte et la conduite à tenir. Il n’arrive pas sur un téléphone éteint ou en mode avion.
La radio et la télévision
Les consignes elles-mêmes passent par les médias. L’État dispose de conventions avec Radio France et France Télévisions pour diffuser les messages d’alerte. Une radio à piles reste utilisable quand internet et le réseau mobile ne le sont plus ; une radio à manivelle évite de dépendre des piles.
Que faire en cas d’alerte : la mise à l’abri
Les consignes générales du guide « Tous responsables » sont les mêmes quelle que soit l’origine de l’alerte :
- ne restez pas dans un véhicule, rejoignez un bâtiment ;
- ne restez pas près des fenêtres et ne les ouvrez pas ;
- n’allumez pas de flamme ;
- ne sortez pas et ne quittez pas votre abri sans consigne des autorités ;
- évitez de téléphoner, pour laisser les réseaux aux secours ;
- tenez-vous informé par les canaux officiels, la radio et la télévision ;
- n’allez pas chercher vos enfants à l’école : ils sont pris en charge par les équipes pédagogiques ou les secours, et les établissements disposent de plans de mise en sûreté.
Si l’alerte concerne un rejet radioactif ou chimique, il faut en plus calfeutrer portes et fenêtres et couper la ventilation. Ces consignes, et la règle stricte sur les comprimés d’iode, sont détaillées dans accident nucléaire.
Abri antiatomique : ce qu’en dit l’État
Interrogé au Sénat sur les abris, le gouvernement a répondu le 25 mai 2023 que la France est protégée depuis 1964 par la dissuasion nucléaire, qui « vise à empêcher la guerre ». Il souligne que ce choix distingue la France de partenaires européens qui ont fondé une partie de leur défense sur la construction d’abris antiatomiques.
Les sources officielles consultées ne recensent aucun réseau d’abris ouverts au public et ne recommandent pas d’en construire. La consigne officielle est de se mettre à l’abri dans un bâtiment, à l’écart des fenêtres. Pour un accident nucléaire, la même réponse précise que la protection de la population repose sur trois mesures : la mise à l’abri, l’évacuation et la prise d’iode stable.
Que faut-il stocker en cas de guerre ?
La réponse officielle est celle du kit d’urgence 72 heures. Rappel de la liste de Géorisques :
| Besoin | Ce que prévoit la liste officielle |
|---|---|
| Boire | 6 litres d’eau potable par personne, en bouteilles |
| Manger | Nourriture non périssable, sans cuisson |
| S’informer | Radio à piles avec piles de rechange, chargeur de téléphone |
| S’éclairer | Lampe de poche avec piles de rechange |
| Se soigner | Médicaments, trousse de premiers secours |
| Avoir chaud | Vêtements chauds, couverture de survie |
| Garder l’essentiel | Argent liquide, photocopies des papiers en pochette étanche, double des clés |
| Tenir le moral | Jeux, livres |
Le guide du SGDSN cite parmi les effets possibles d’une crise majeure la panne prolongée d’électricité et de chauffage, les réseaux téléphoniques et internet en panne, les moyens de paiement en dysfonctionnement et les difficultés d’approvisionnement. Sans sortir de la liste officielle, trois postes en découlent : l’argent liquide, la radio et une batterie externe pour garder un téléphone utilisable. Une cyberattaque visant des services essentiels produirait des effets proches : voir cyberattaque et services essentiels.
Stocker davantage n’est pas une consigne officielle. Si vous souhaitez aller au-delà de 72 heures, faites-le progressivement, en temps normal, avec des produits que vous consommez déjà et que vous faites tourner. Aucune autorité ne recommande d’acheter en grande quantité en période de tension. Les durées conseillées en France et à l’étranger sont comparées dans combien de temps tenir, et notre configurateur de kit adapte ce socle aux risques de votre adresse et à votre foyer.
S’informer sans relayer de rumeurs
Selon le guide, un adversaire pourrait profiter d’une crise pour aggraver le désordre, y compris avec de fausses vidéos. Avant de croire ou de partager une information, il propose quatre questions :
- Qui a envoyé cette information ?
- La source est-elle officielle ?
- Est-elle publiée par un grand média national ?
- Quel est son but ?
En situation de crise, les annonces qui comptent viennent du gouvernement, de la préfecture et de la mairie, et sont relayées par la radio et la télévision.
Comment parler de la guerre aux enfants ?
Pour parler d’un conflit à un enfant, adaptez les mots à son âge, partez de ce qu’il sait déjà, accueillez ses émotions et donnez-lui des repères simples et exacts : ce sont les principes d’une fiche du ministère de l’Éducation nationale.
Le guide « Tous responsables » invite à parler en famille des risques auxquels on pourrait être confronté. Pour l’actualité d’un conflit, le ministère de l’Éducation nationale a publié en 2022, à l’intention des enseignants du primaire, une fiche dont les principes peuvent guider les parents :
- adapter les mots à l’âge de l’enfant et vérifier ce qu’il sait déjà, car ses informations sont souvent partielles ou erronées ;
- accueillir ses émotions sans sous-estimer sa capacité à percevoir la gravité d’une situation ;
- donner des repères simples et exacts : localiser, nommer, expliquer ;
- préférer des échanges brefs, sans insister au-delà de ce qu’il souhaite dire ;
- rester attentif aux signes inhabituels qui durent (isolement, tristesse, agressivité) et en parler à l’école si besoin.
Expliquez-lui aussi qu’en cas d’alerte à l’école, les adultes de l’établissement s’occupent de lui : c’est la consigne.
Pour les troubles intérieurs graves, distincts d’un conflit armé au sens du droit international, voir guerre civile en France et état d’urgence, couvre-feu.
Questions fréquentes
Que faut-il stocker en cas de guerre ?
Les autorités françaises ne publient pas de liste propre à la guerre. Elles recommandent le kit d'urgence 72 heures valable pour toute crise : 6 litres d'eau par personne, nourriture non périssable sans cuisson, radio et lampe à piles, médicaments, trousse de secours, vêtements chauds, argent liquide et copies des documents.
Que faire en cas de guerre en France ?
Selon le guide « Tous responsables » du SGDSN, il faut avant tout suivre les consignes diffusées par les canaux officiels, ne pas propager de fausses informations et, en cas d'alerte, se mettre à l'abri dans un bâtiment. Le guide invite aussi ceux qui le souhaitent à s'engager (réserves, volontariat, bénévolat).
Pourquoi les sirènes sonnent-elles le premier mercredi du mois ?
C'est un essai de fonctionnement prévu par la réglementation : chaque premier mercredi du mois à midi, les sirènes diffusent un seul cycle de 1 minute 41 secondes. Aucune réaction n'est attendue de la population pendant cet essai.
Existe-t-il des abris antiatomiques en France ?
Le gouvernement ne publie pas de réseau d'abris ouverts à la population. Dans sa réponse au Sénat du 25 mai 2023, il rappelle que la protection du pays repose sur la dissuasion nucléaire, contrairement à certains partenaires européens qui ont construit des abris. Les consignes officielles demandent de rejoindre un bâtiment.
Comment se préparer à la guerre en France ?
Les autorités recommandent la même préparation que pour toute crise majeure : un kit d'urgence pour au moins 72 heures, une radio qui fonctionne sans réseau, la connaissance du signal d'alerte et des consignes de mise à l'abri, et la vigilance face aux rumeurs.
Sources
- SGDSN, Revue nationale stratégique 2025 (page de publication, 14 juillet 2025)
- SGDSN, Actualisation 2025 de la Revue nationale stratégique (PDF)
- SGDSN, Guide « Tous responsables » (page de publication, 20 novembre 2025)
- SGDSN, Tous responsables. Face aux risques, agissons (PDF)
- Commission européenne, stratégie pour une union de la préparation (26 mars 2025)
- Géorisques, Mon kit d'urgence 72 h
- FR-Alert, Foire aux questions (ministère de l'Intérieur)
- Assemblée nationale, question écrite n° 14238 sur les sirènes et réponse du ministère de l'Intérieur (JO du 12 mars 2024)
- Préfecture de la Savoie, communiqué sur l'essai mensuel du SAIP (26 avril 2024, PDF)
- Sénat, question écrite n° 05279 sur les abris et réponse du Gouvernement (JO Sénat du 25 mai 2023)
- Ministère de l'Éducation nationale, Comment parler de la guerre en Ukraine aux élèves de l'école primaire ? (2022, PDF)
Les chiffres présentés comme des estimations sont des ordres de grandeur à adapter à votre situation. En cas de crise, les consignes des autorités priment.