Guerre civile en France : ce que le terme désigne
Le kit à prévoir
- Kit d'urgence 72 h : eau, radio à piles, lampe, médicaments, nourriture sans cuisson, vêtements chauds, couverture de survie, chargeur, argent liquide, double des clés, jeux6 litres d'eau par personne, le reste selon le foyer
- Réserves qui tournent au-delà de 72 heuresconstituées peu à peu, avec des produits déjà consommés
- Copies des papiers d'identité, ordonnances, contrats d'assurance, numéros utiles sur papier1 jeu
- Plan familial écrit (qui récupère les enfants, où se retrouver, comment joindre les proches âgés)1
- Liste des voisins qui vivent seuls ou ont besoin d'aide1
- Sources d'information fiables : radio, préfecture, mairie, médias nationaux1 liste
Les bons réflexes
- Respectez les mesures décidées et suivez les consignes de la préfecture et de la mairie.
- Vérifiez qui publie un contenu qui prédit un conflit, et dans quel but, avant de le partager.
- Constituez vos réserves en temps normal, jamais en grande quantité dans un moment de tension.
- Restez chez vous dans de bonnes conditions plutôt que de partir vers un abri isolé.
- Vérifiez le contenu du kit une fois par an.
Face à des violences, éloignez-vous, restez chez vous ou mettez-vous à l'abri, ne filmez pas au contact et appelez le 17 ou le 112.
L'essentiel
- En droit international humanitaire, ce que l'on appelle couramment guerre civile est un « conflit armé non international » : un affrontement armé prolongé, d'une intensité minimale, entre des forces organisées.
- Le Protocole additionnel II de 1977 exclut expressément les tensions internes et les troubles intérieurs, comme les émeutes et les actes isolés et sporadiques de violence : ce ne sont pas des conflits armés.
- La Revue nationale stratégique 2025 n'emploie pas l'expression « guerre civile ». Elle décrit des troubles à l'ordre public et des tentatives étrangères de polarisation, et y répond par la cohésion et la résilience de la Nation.
- Face à des troubles graves, les institutions disposent de régimes gradués : état d'urgence (loi de 1955), état de siège (jamais appliqué sous la Ve République), article 16 (utilisé une seule fois, en 1961).
- La préparation utile est celle de toute crise longue : kit d'urgence, réserves qui tournent, documents, plan familial, liens avec les voisins. Ni armes, ni autodéfense, ni fuite vers un abri isolé.
Aucun document officiel que nous avons consulté ne décrit la France comme menacée de guerre civile ni n’en évalue la probabilité. En droit, l’expression correspond à un « conflit armé non international », une situation précise que les émeutes et les troubles intérieurs n’atteignent pas. Pour un foyer, la préparation utile est la même que pour toute crise longue : un kit d’urgence, des réserves qui tournent, des documents à jour, un plan familial et de bons liens avec ses voisins.
Quelle est la définition d’une guerre civile ?
En droit international humanitaire, ce que l’on appelle couramment une guerre civile est un « conflit armé non international » : selon le CICR, un affrontement armé prolongé, d’une intensité minimale, entre des forces organisées. Les émeutes et les troubles intérieurs n’en font pas partie.
Deux types de conflits armés, pas trois
Dans sa prise de position de mars 2008, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) rappelle que le droit international humanitaire ne connaît que deux types de conflits armés : le conflit armé international, entre États, et le conflit armé non international, qui oppose les forces gouvernementales à des groupes armés non gouvernementaux, ou de tels groupes entre eux. Il précise que, du point de vue juridique, il n’existe aucun autre type de conflit armé. C’est la seconde catégorie qui recouvre ce que l’on appelle couramment une guerre civile.
Deux critères : intensité et organisation
Pour distinguer un conflit armé d’autres formes de violence moins graves, le CICR retient deux critères généralement admis :
- L’intensité. Les hostilités doivent atteindre un niveau minimal, par exemple lorsque le gouvernement doit recourir à la force militaire contre des insurgés, plutôt qu’aux seules forces de police.
- L’organisation. Les groupes non gouvernementaux doivent disposer de forces armées organisées, soumises à une structure de commandement et capables de mener des opérations militaires durables.
Le CICR en tire sa définition : un affrontement armé prolongé entre forces gouvernementales et groupes armés, ou entre groupes armés, qui atteint un niveau minimal d’intensité et dont les parties font preuve d’un minimum d’organisation.
Ce qui n’est pas un conflit armé
Le Protocole additionnel II aux Conventions de Genève, adopté en 1977, fixe un seuil encore plus élevé : les groupes armés doivent agir sous un commandement responsable et contrôler une partie du territoire. Surtout, il précise qu’il « ne s’applique pas aux situations de tensions internes, de troubles intérieurs, comme les émeutes, les actes isolés et sporadiques de violence et autres actes analogues ». Selon le CICR, cette limite vaut aussi pour l’article 3 commun aux Conventions de Genève.
Autrement dit, des émeutes, des affrontements lors de manifestations ou des sabotages peuvent être graves et dangereux, mais ils relèvent de l’ordre public, pas de la guerre. Les bons réflexes dans ces situations sont détaillés dans émeutes : que faire.
Pourquoi l’expression circule
Dans le débat public et sur les réseaux sociaux, « guerre civile » est souvent employé dans un sens imagé, pour parler de fortes tensions politiques ou sociales, de violences urbaines ou d’émeutes. Ce glissement entretient l’inquiétude : le mot évoque des combats entre forces armées organisées, une situation que le droit distingue nettement des troubles à l’ordre public.
La Revue nationale stratégique 2025 apporte un éclairage utile. Elle explique que des puissances hostiles mènent des opérations de manipulation de l’information qui ont visé, entre autres, à « polariser l’opinion publique autour de thématiques clivantes » et à « saper la cohésion nationale », et cite la Russie comme première puissance porteuse de ces menaces hybrides. Aucune source fiable ne permet de dater ni de prédire un conflit intérieur : méfiez-vous des contenus qui le font, vérifiez qui les publie et dans quel but avant de les partager.
Ce que dit la Revue nationale stratégique 2025
Préparée par le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), la Revue nationale stratégique 2025 fixe le cadre de la sécurité du pays à l’horizon 2030. Le scénario de conflit majeur qu’elle envisage se situe hors du territoire national ; il est présenté dans notre page conflit armé. Sur le plan intérieur, et dans le texte que nous avons consulté, elle n’emploie pas l’expression « guerre civile ». Elle constate :
- que des contestations de toutes natures ont intégré des modes d’action de plus en plus violents (troubles à l’ordre public, sabotage, destruction), parfois catalysés par des ingérences étrangères et par les réseaux sociaux ;
- que des conflits à l’étranger ont eu des répercussions sur l’ordre public en France.
Sa réponse passe d’abord par la cohésion et la résilience. L’un de ses objectifs stratégiques s’intitule « Une France unie et résiliente ». Il vise à faire face à la fois à des crises intérieures, que le texte énumère (pandémies, criminalité organisée, émeutes, terrorisme), et à des actions hybrides d’adversaires étrangers. La Revue souhaite que tous les citoyens puissent devenir « acteurs de la cohésion nationale et de la résilience », pour se protéger eux-mêmes et protéger leurs proches. Elle définit la résilience comme la capacité du pays à résister aux conséquences d’une agression ou d’une catastrophe majeure, puis à retrouver rapidement un fonctionnement normal.
Ce que prévoient les institutions face à des troubles graves
Le droit français prévoit des régimes d’exception gradués, chacun encadré par des conditions strictes :
| Régime | Texte | Conditions | Usage |
|---|---|---|---|
| État d’urgence | Loi du 3 avril 1955 | Péril imminent résultant d’atteintes graves à l’ordre public, ou calamité publique. Décret en Conseil des ministres ; au-delà de 12 jours, une loi est nécessaire. | Voir notre page dédiée |
| État de siège | Article 36 de la Constitution | Péril imminent résultant d’une guerre étrangère ou d’une insurrection armée. Pouvoirs de maintien de l’ordre transférés à l’autorité militaire ; au-delà de 12 jours, accord du Parlement. | Jamais sous la Ve République |
| Article 16 | Article 16 de la Constitution | Menace grave et immédiate sur les institutions, l’indépendance ou l’intégrité du territoire, et interruption du fonctionnement régulier des pouvoirs publics. | Une fois, du 23 avril au 29 septembre 1961 |
Ces régimes et leurs effets concrets sont détaillés dans état d’urgence et couvre-feu. Pour un foyer, la règle est simple : respectez les mesures décidées et suivez les consignes de la préfecture et de la mairie.
Faut-il se préparer à une guerre civile ?
Il n’existe pas de préparation propre à ce scénario, et aucune autorité n’en recommande. La logique officielle est « tous risques » : la Revue nationale stratégique place les émeutes parmi d’autres crises intérieures, et la réponse attendue des citoyens est la même pour toutes. Ce qui protège un foyer dans une crise longue, quelle qu’en soit la cause, se prépare en temps normal et progressivement.
Ce qui aide vraiment
- Un kit d’urgence. La liste de Géorisques prévoit notamment 6 litres d’eau par personne en bouteilles, une radio à piles avec piles de rechange, une lampe de poche, des médicaments, de la nourriture non périssable sans cuisson, des vêtements chauds et une couverture de survie, un chargeur de téléphone, de l’argent liquide, le double des clés et des jeux. Vérifiez son contenu une fois par an. Détails dans le kit de survie du gouvernement.
- Des réserves qui tournent. Au-delà de 72 heures, constituez peu à peu un stock de produits que vous consommez déjà et renouvelez. Les durées recommandées sont comparées dans combien de temps tenir. N’achetez jamais en grande quantité dans un moment de tension.
- Des documents à jour. Copies des papiers d’identité, ordonnances, contrats d’assurance, numéros utiles sur papier.
- Un plan familial. Qui récupère les enfants, où se retrouver si les téléphones ne passent plus, comment joindre les proches âgés.
- Des liens avec le voisinage. Savoir qui vit seul, qui a besoin d’aide, qui peut dépanner : c’est la forme la plus concrète de la cohésion dont parle la Revue.
- Une information fiable. Radio, sites de la préfecture et de la mairie, médias nationaux.
Pour composer ce socle selon les risques de votre adresse et la composition de votre foyer, utilisez notre configurateur de kit.
Ce qui n’aide pas
- Les armes et l’autodéfense. Nous ne donnons aucun conseil d’armement ni de confrontation. Face à des violences, la règle est de s’éloigner, de rester chez soi ou de se mettre à l’abri, de ne pas filmer au contact et d’appeler le 17 (Police-secours) ou le 112, le numéro d’urgence européen.
- La fuite vers un abri isolé. S’éloigner de tout, c’est aussi s’éloigner des soins, de l’information officielle et de l’entraide. Le kit et le plan familial servent justement à rester chez soi dans de bonnes conditions.
- Les achats de panique. Ils vident les rayons pour les autres et n’apportent aucune sécurité supplémentaire.
Les grèves longues et les blocages, souvent confondus avec ces scénarios dans les discussions, sont traités dans grève générale et blocages : ils perturbent le quotidien, mais restent des conflits sociaux encadrés par le droit.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'une guerre civile ?
Dans le langage courant, c'est une guerre entre groupes d'un même pays. Le droit international parle de conflit armé non international : selon le CICR, un affrontement armé prolongé entre les forces gouvernementales et un ou plusieurs groupes armés, ou entre de tels groupes, qui atteint une intensité minimale et oppose des parties organisées.
Y a-t-il un risque de guerre civile en France ?
Aucun document officiel que nous avons consulté n'évalue ce risque ni n'emploie l'expression, et nous ne faisons pas de prédiction. La Revue nationale stratégique 2025 décrit des troubles à l'ordre public et des manœuvres de polarisation, et fixe comme objectif la résilience de toute la Nation face aux crises.
Faut-il se préparer à une guerre civile en France ?
Il n'existe pas de préparation propre à ce scénario. Les autorités recommandent un kit d'urgence de 72 heures valable pour toutes les crises, vérifié une fois par an, et le suivi de leurs consignes. Des réserves qui tournent et un plan familial complètent utilement ce socle.
Qu'est-ce que l'état de siège en France ?
Prévu par l'article 36 de la Constitution, il est décrété en Conseil des ministres en cas de péril imminent résultant d'une guerre étrangère ou d'une insurrection armée, et transfère les pouvoirs de maintien de l'ordre à l'autorité militaire. Sa prorogation au-delà de douze jours exige l'accord du Parlement. Il n'a jamais été appliqué sous la Ve République.
Sources
- CICR, Comment le terme « conflit armé » est-il défini en droit international humanitaire ? (prise de position, mars 2008, PDF)
- CICR, Les conflits armés non internationaux, cours 10 (Protocole additionnel II de 1977, PDF)
- SGDSN, Revue nationale stratégique 2025 (PDF publié par le ministère des Armées)
- Légifrance, Loi n° 55-385 du 3 avril 1955 relative à l'état d'urgence
- Conseil constitutionnel, Que prévoit la Constitution en cas de guerre ?
- Géorisques, Mon kit d'urgence 72 h
- Service-Public, Comment alerter la police ou la gendarmerie en cas d'urgence ? (vérifié le 10 avril 2026)
Les chiffres présentés comme des estimations sont des ordres de grandeur à adapter à votre situation. En cas de crise, les consignes des autorités priment.